L'essentiel : depuis le 11 août 2026, la loi dite « loi Cazenave » supprime Bloctel et bascule le démarchage téléphonique auprès des particuliers d'un régime d'opposition (opt-out) à un régime de consentement préalable exprès (opt-in). Concrètement, une entreprise ne peut plus appeler un particulier à froid : elle doit disposer d'une preuve de consentement, non pré-cochée, horodatée et conservée 3 ans, valable 1 an maximum. Le B2B n'est pas concerné par ce basculement et reste sur le fondement de l'intérêt légitime du RGPD, mais avec une documentation renforcée recommandée. Les sanctions sont réelles : jusqu'à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, via la DGCCRF, avec des exceptions limitées (contrat en cours, presse, sondages, associations). Pour une PME, la meilleure réponse n'est pas de contourner la loi mais de basculer son budget prospection vers des canaux entrants conformes — formulaire de devis, email marketing consenti, contenu SEO, LinkedIn B2B.
Pendant des années, Bloctel a joué le rôle de garde-fou minimal : les particuliers qui ne voulaient plus être appelés devaient s'y inscrire, et l'entreprise qui achetait un fichier de prospection avait juste à le purger de cette liste avant de composer les numéros. Ce système d'opt-out vient d'être abandonné. Depuis le 11 août 2026, c'est l'inverse qui s'applique : sans consentement préalable et documenté, un appel commercial vers un particulier est tout simplement illégal. Pour une PME qui a construit une partie de son acquisition client sur la prospection téléphonique, ce n'est pas un ajustement cosmétique.
Ce qui change concrètement depuis le 11 août 2026
La loi n° 2025-594, votée le 30 juin 2025 et entrée en application le 11 août 2026, réécrit les articles L223-1 à L223-7 du Code de la consommation. Elle ne se contente pas de durcir les sanctions existantes : elle inverse la logique même du démarchage téléphonique auprès des particuliers.
Le basculement du régime d'opposition vers le consentement préalable
Jusqu'ici, une entreprise pouvait appeler n'importe quel particulier qui n'avait pas explicitement demandé à ne plus l'être. Désormais, c'est le contraire : sans action positive et documentée du particulier — une case cochée, non pré-cochée, sur un formulaire clair — l'appel commercial est interdit. La liste Bloctel, qui reposait sur ce principe d'opposition, devient de fait obsolète pour sécuriser une campagne : la consulter avant d'appeler ne protège plus une entreprise en infraction.
Le B2B n'est pas concerné par le basculement, mais la vigilance augmente
Point important pour de nombreuses PME de services ou de conseil : la prospection téléphonique B2B reste possible sur le fondement de l'intérêt légitime prévu par le RGPD, tant que l'appel concerne l'activité professionnelle du destinataire. Le régime n'a pas changé sur ce point précis. En revanche, la documentation attendue autour du fichier de prospection — origine des coordonnées, date de collecte, mécanisme de désinscription — devient un point que la CNIL et la DGCCRF examinent avec davantage d'attention, dans le sillage direct de cette réforme.
Sur le terrain, le point qui pose le plus de difficultés pratiques aux PME est de savoir quel point de collecte de votre site vaut réellement preuve de consentement, et lequel ne protège pas.
| Point de collecte | Preuve de consentement valable ? | Bon réflexe PME |
|---|---|---|
| Formulaire de devis avec case à cocher non pré-cochée | Oui | Horodater et archiver chaque soumission |
| Demande de rappel volontaire sur le site | Oui | Conserver l'origine (page, date, canal) |
| Appel dans le cadre d'un contrat déjà en cours | Oui (exception légale) | Documenter le lien contractuel |
| Case précochée par défaut sur un formulaire | Non | Décocher toutes les cases par défaut |
| Fichier acheté sans traçabilité du consentement | Non | Exiger la preuve du consentement au fournisseur |
| Mention orale non tracée lors d'un salon professionnel | Fragile | Faire signer ou confirmer par email dans la foulée |
Analyse fondée sur le Code de la consommation (art. L223-1 à L223-7) et les recommandations DGCCRF/CNIL publiées à l'entrée en vigueur du texte ; le cas de votre entreprise peut nécessiter l'avis d'un juriste, en particulier pour un fichier mixte B2B/B2C.
Combien coûte réellement une infraction
Au-delà du principe, l'exposition financière est concrète. La DGCCRF peut prononcer une amende administrative allant jusqu'à 75 000 € pour une personne physique et jusqu'à 375 000 € pour une personne morale — certaines analyses juridiques évoquant un plafond porté à 500 000 € selon la gravité et la récidive. À cela peut s'ajouter une procédure distincte de la CNIL si le fichier de prospection lui-même contrevient au RGPD (origine des données, durée de conservation, absence d'information des personnes). Deux régulateurs, deux bases légales, un même point de départ : l'absence de preuve de consentement.
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- Auditez tous vos points de collecte existants.
Formulaire de contact, devis, newsletter : vérifiez qu'aucune case n'est pré-cochée et que chaque consentement est horodaté au moment de la soumission. - Ajoutez un canal d'appel entrant clair sur votre site.
Un formulaire de demande de rappel ou de devis renverse la logique : c'est le prospect qui sollicite l'appel, ce qui règle la question du consentement à la source. - Documentez et archivez chaque preuve de consentement.
Un simple tableur avec date, source, canal et durée de validité suffit pour une petite structure ; un CRM devient pertinent au-delà de quelques centaines de contacts. - Séparez clairement vos bases B2C et B2B.
Le régime juridique n'est pas identique : mélanger les deux fichiers expose inutilement l'ensemble de votre prospection à la réglementation la plus stricte. - Formez vos commerciaux et vos sous-traitants.
Si vous externalisez vos appels à un centre d'appels, la responsabilité de la conformité reste celle de votre entreprise en tant que donneur d'ordre. - Réorientez une partie du budget prospection vers l'acquisition digitale.
SEO, contenu, email marketing consenti et réseaux sociaux professionnels génèrent des leads entrants, souvent mieux qualifiés qu'un appel à froid.
Ce que cela signifie pour votre stratégie d'acquisition
Pour une PME dont une part significative des rendez-vous commerciaux venait du téléphone, la vraie question n'est pas seulement juridique : c'est celle du canal de remplacement. La bonne nouvelle est que les alternatives existent et sont, pour beaucoup de secteurs, plus rentables sur la durée qu'un appel à froid.
Réorienter le budget prospection vers l'acquisition digitale
Un site qui capte déjà une demande explicite via Google convertit naturellement mieux qu'un appel non sollicité : notre guide sur l'acquisition de clients en ligne → détaille comment transformer un site vitrine en véritable machine à leads entrants. Pour le B2B en particulier, LinkedIn reste un canal de prospection légitime → qui n'est pas concerné par le basculement du 11 août, à condition de rester dans un cadre professionnel. L'email marketing automatisé → complète naturellement ce dispositif, à condition là aussi de partir d'un consentement réel.
Le lien avec votre conformité RGPD existante
Cette réforme s'inscrit dans la continuité d'un mouvement déjà engagé sur la conformité RGPD des PME françaises → : la CNIL a multiplié les contrôles ciblés sur les petites structures ces derniers mois, et le consentement au démarchage téléphonique en est simplement une nouvelle déclinaison. Une agence de conseil basée en Occitanie et un artisan installé en Corse sont exactement logés à la même enseigne : la taille de l'entreprise ne réduit ni l'obligation ni le risque de contrôle. Automatiser la collecte et l'archivage du consentement, via un outil de marketing automation →, devient alors autant un gain de temps qu'une protection juridique.
Sur le plan opérationnel, remplacer un formulaire de contact générique par un outil de devis en ligne → est souvent le geste le plus rentable : il capte une demande déjà qualifiée, avec un consentement explicite intégré au parcours, sans qu'aucun appel sortant ne soit nécessaire.
À éviter : continuer à utiliser un fichier de prospection acheté sans vérifier l'origine du consentement, laisser des cases pré-cochées sur vos formulaires existants, confondre intérêt légitime B2B et consentement B2C dans un même fichier, ou externaliser vos appels sans clause de conformité explicite dans le contrat du prestataire.
Points clés à retenir
- Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique B2C fonctionne en opt-in — Bloctel ne protège plus une entreprise qui appelle sans consentement.
- Le consentement doit être une action positive non pré-cochée, horodaté et conservé 3 ans, valable 1 an maximum.
- Le B2B n'est pas concerné par ce basculement mais reste soumis à une documentation renforcée du fichier de prospection.
- Les sanctions vont jusqu'à 375 000 € pour une personne morale, DGCCRF et CNIL pouvant intervenir en parallèle.
- Formulaires de devis, email marketing consenti et LinkedIn B2B sont les alternatives les plus fiables pour continuer à générer des rendez-vous.
- Un audit rapide de vos points de collecte existants suffit souvent à sécuriser l'essentiel de votre exposition juridique.
FAQ : vos questions sur le démarchage téléphonique interdit en 2026
Q1 : Le démarchage téléphonique B2B est-il toujours autorisé après le 11 août 2026 ?
R : Oui, la prospection B2B reste possible sur le fondement de l'intérêt légitime du RGPD, à condition que l'appel reste en lien avec l'activité professionnelle du destinataire et que le fichier utilisé soit correctement documenté.
Q2 : Que devient Bloctel après le 11 août 2026 ?
R : La liste Bloctel devient obsolète pour sécuriser une campagne B2C : le principe s'inverse, c'est désormais à l'entreprise d'obtenir un consentement préalable exprès avant tout appel, et non plus au particulier de s'inscrire sur une liste d'opposition.
Q3 : Quelles sont les exceptions à l'interdiction du démarchage téléphonique en 2026 ?
R : Un appel dans le cadre d'un contrat déjà en cours d'exécution, la presse, les instituts de sondage et les associations à but non lucratif restent autorisés en dehors du régime de consentement préalable.
Q4 : Quelles sanctions en cas de démarchage téléphonique illégal en 2026 ?
R : La DGCCRF peut prononcer une amende administrative allant jusqu'à 75 000 € pour une personne physique et jusqu'à 375 000 € pour une personne morale, certaines sources évoquant un plafond porté à 500 000 € selon la gravité.
Q5 : Une case précochée sur un site vaut-elle consentement ?
R : Non. Le consentement doit résulter d'une action positive et non ambiguë : une case pré-cochée par défaut ne constitue pas une preuve valable, que ce soit au regard du RGPD ou de la réglementation sur le démarchage téléphonique.
Q6 : Combien de temps conserver la preuve du consentement téléphonique ?
R : La preuve doit être conservée 3 ans, et sa durée de validité pour continuer à appeler la personne est plafonnée à 1 an — au-delà, un nouveau consentement doit être recueilli.
Q7 : Comment prospecter légalement sans démarchage téléphonique en 2026 ?
R : Les formulaires de devis et de demande de rappel, l'email marketing avec consentement documenté, le contenu SEO qui capte une demande déjà exprimée, et LinkedIn pour le B2B sont les canaux les plus fiables pour générer des rendez-vous qualifiés.
Conclusion
La fin de Bloctel et le basculement vers un régime de consentement préalable ne sont pas une simple contrainte administrative de plus : c'est un changement de fond dans la manière dont une PME française peut légalement entrer en contact avec un prospect particulier. Les entreprises qui s'en sortiront le mieux ne sont pas celles qui chercheront à contourner la règle, mais celles qui basculeront rapidement leur budget de prospection vers des canaux entrants — un site qui convertit, un formulaire qui capte un consentement clair, un contenu qui répond déjà à la question du client avant même l'appel.
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